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Photos de mode pour Harper's Bazaar 1961 - 67 |
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Introduction | |||
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Entre les années Trente et la fin des années Cinquante, HARPER'S BAZAAR, dirigé par Carmel Snow et Alexander Brodovich, était considéré le plus prestigieux de tous les magazines de mode. Pour un jeune photographe comme moi, le seul fait d'avoir sa signature en bas de ses pages, à côté de celles de Cartier-Bresson, Munkacsi et Avedon, semblait la plus grande distinction dont il puisse rêver. Ce rêve se réalisa en 1961 - à peine quelques années trop tard! Car avec le départ de Carmel Snow et de Brodovich, le niveau du magazine baissa, principalementen raison des conflits qui opposaient la nouvelle rédactrice en chef à ses directeurs artistiques. J'eus pourtant la chance de travailler avec Marvin Israel, l'un des successeurs de Brodovich, qui était non seulement un directeur artistique d'une grande sensibilité, mais aussi un excellent peintre. Dès notre première rencontre, Marvin apprécia mon travail et avec le temps nous devînmes amis. Il était un homme de petite taille, en mauvaise santé, qui s'habillait comme un clochard et meublait son studio avec des objets ramassés dans la rue. Il se donnait beaucoup de mal pour paraître hargneux, imité en cela par son vilain petit cabot, appelé Marvin comme lui. Quand des visiteurs arrivaient chez lui, le maître les prévenait: "Ne vous approchez pas de Marvin , c'est un chien méchant!" En réalité, maître et chien étaient d'une parfaite gentillesse et incapables de faire du mal à une mouche. Marvin souhaitait me faire faire des photos de mode "naturelles", un peu comme celles que j'avais faites en Europe. Mais Nancy White, la rédactrice en chef, voulait que les mannequins portent des chapeaux extravagants et beaucoup de rouge à lèvres ("sinon Revlon risque d'annuler sa publicité!" ). Il y eut une fois où Marvin et moi crûmes gagner. Nous persuadâmes Nancy d'organiser une réception dans un "penthouse garden" (un jardin en haut d'une tour), où les robes étaient portées par des jeunes femmes de la société newyorkaise, que je photographiais "à la sauvette", pendant qu'elles conversaient ou s'amusaient avec d'autres invités. Les photos furent effectivement très différentes de tout ce que le journal avait publié auparavant, et même Nancy White s'en déclara enchantée, jusqu'au moment où elle s'aperçut que l'un des invités était un diplomate africain. "Si nous montrons ces demoiselles à côté de cette personne "déclara-t-elle" elles trouveront jamais de mari." Après des discussions acharnées et une menace de démission de la part de Marvin, elle accepta que la série fut publiée, mais à condition d'éliminer ou de recadrer toutes les photos montrant le diplomate noir. Un jour, Marvin me demanda si j'avais une bonne idée pour photographier les collections de Haute Couture à Florence et à Rome. C'était (après les collections de Paris) la commande la plus prestigieuse que le magazine pouvait proposer. La première association d'idées qui me traversa l'esprit fut "La Dolce Vita": je proposai donc de photographier les modèles en compagnie de quelques italiens célèbres, qui ne pouvaient manquer d'être prestants, bien habillés et désireux de flirter avec un joli mannequin, particulièrement s'il s'agissait de Deborah Dixon, une beauté blonde aux yeux bleus, que je n'avais encore jamais rencontrée, mais que je brûlais d'avoir devant mon objectif. Nancy White approuva le projet, et décida que je travaillerais en équipe avec China Machado, une eurasienne ex-mannequin, devenue rédactrice de mode, qui aurait également posé pour quelques photos. Les séances prirent environ deux semaines, et furent parmi les plus difficiles de ma carrière. J'eus d'abord des problèmes avec les hommes italiens, qui contrairement à mon attente se montrèrent plus soucieux de leurs propre image que désireux de flirter avec une jolie fille, puis avec la rédactrice, qui insistait pour faire porter à Deborah des chapeaux ridicules et des couches de maquillage, mais surtout avec Deborah elle-même, que je trouvai froide comme un poisson. Pourtant, par quelques mystérieuse alchimie, ces difficultés (ou plutôt mon propre acharnement à les surmonter) finirent par ajouter un impact aux images: aujourd'hui, je me dis que si l'on m'avait laissé faire les photos plus douces et plus sensuelles que j'avais imaginées, le résultat aurait peut-être été moins intéressant. L'été suivant, BAZAAR me demanda de photographier la Haute Couture à Paris. Pour la symétrie (ou peut-être par manque d'une meilleure idée) je proposai de photographier les modèles avec des parisiennes célèbres. Cela donna quelques bonnes photos, mais l'ensemble eut moins d'impact que la série avec les italiens. Dans les mois suivants, j'acceptai une importante commande journalistique et je m'éloignai, pendant quelque temps, de la photo de mode. Dans la même période, Marvin Israel fut obligé de démissionner et remplacé par ses deux assistantes, Ruth Ansel et Bea Feitler, qui restèrent en place un peu plus longtemps que leurs prédécesseurs. Elles me confièrent plusieurs commandes intéressantes, dont les collection de Haute Couture à Paris, en 1967. |
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39 photos dans cette série. Environ 80 dans mes archives informatisées. |
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Frank Horvat Photographie |