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Des "Métamorphoses"
d'Ovide, LivreV:
Cyané, pleurant la déesse enlevée et les droits
de sa source outragés, n'élève plus la voix, mais
elle garde en son âme une blessure inguérissable; elle se
fond toute en larmes; elle se résout dans les eaux dont elle a
été naguère la grande divinité. On pouvait
voir ses membres s'amollir, ses os devenir flexibles, ses ongles perdre
leur dureté; les parties de son corps qui les premières
se transforment en liquide, ce sont les plus minces: ses cheveux d'azur,
ses doigts, ses jambes et ses pieds; car ses membres déliés
ont bientôt fait de passer à l'état d'ondes glacées;
ensuite ses épaules, son dos, ses flancs et sa poitrine s'évanouissent
en ruisseaux limpides; enfin, au lieu d'un sang vivant, il coule de l'eau
dans ses veines décomposées et il ne reste plus rien d'elle
que la main puisse saisir.
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