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Si vous ne voulez pas être déçus par votre arrivée
à Rio, évitez de regarder autour de vous, entre le moment
où votre avion touche la piste et celui où vous sentez,
pour la première fois, le sable chaud de Copacabana sous vos pieds.
Mais une fois sur la plage, ouvrez-les bien grands : les jeunes filles
qui vous entourent ressemblent à celles que vous avez vues sur
les dépliants touristiques, et elles ne demandent qu'à être
admirées et à engager la conversation. Cela ne veut pas
dire qu'elles soient légères (du moins pas toutes) : mais
toutes, même si elles sont fiancées, mariées, déjà
amoureuses ou vierges, ont cet air de merveilleuse disponibilité.
Si votre intérêt est plus culturel, vous n'avez pas besoin
de vous éloigner de la plage, pour rencontrer des représentants
de l'intelligentsia brésilienne, qu'ils soient peintres, écrivains,
metteurs en scène ou musiciens de bossa nova. En fait, la majorité
des gens que vous rencontrerez vous diront qu'ils pratiquent tous ces
arts à la fois. Ils sont aussi politiquement engagés (bien
sûr à gauche) et quitteront volontiers leurs copines ou le
transistor sur lequel ils écoutent le match de foot, pour vous
entretenir de la misère des ouvriers agricoles du Nordeste et des
abus de l'exploitation yanqui.
Au bout de quelques minutes (ou de quelques heures, si vous êtes
vraiment très dur à la détente) le spectacle de l'océan,
la douceur du soleil et les sourires des filles auront produit leur effet,
et vous déborderez à votre tour de ce sentiment d'indulgence
envers les autres et envers vous-même, qui constitue la plus grande
qualité et le plus grand défaut des cariocas (c'est par
ce nom, qui à l'origine était celui une sorte de perroquet,
que les habitants de Rio se désignent).
Évitez cependant de rester dans votre hôtel entre huit et
neuf heures du soir, sans toutefois vous hasarder dans les rues : c'est
l'heure où le courant électrique est coupé, avec
la conséquence de bloquer les ascenseurs et de provoquer le chaos
aux feux rouges. L'Administration brésilienne n'arrive pas à
s'entendre avec les monopolistes yanqui qui ont construit les centrales
électriques et qui, avec leur rapacité coutumière,
refusent de les moderniser tant que le prix du courant sera maintenu au
niveau d'avant l'inflation (c'est-à-dire très au-dessous
de son coût).
Le mieux sera de passer cette heure au restaurant, où vous pourrez
rêver à la lumière des chandelles et où, pour
peu que vous ayez gardé une provision d'indulgence, vous ferez
bonne mine à la lenteur du service et à la médiocrité
du repas.
Passé neuf heures, et après un cafezinho au bar du coin,
les rues de Copacabana respirent la douceur et la séduction. Vous
pourrez y traîner en toute sécurité pendant le reste
de la nuit, à la seule condition d'avoir un il au trottoir,
car les couvercles d'égouts ne sont pas toujours à leur
place.
Avec votre il libre, vous pourrez voir plus d'amoureux que dans
n'importe quelle ville au monde. Les couples de Rio s'embrassent sur le
sable des plages, sur les banquettes de l'Avenida Atlantica, dans les
entrées des immeubles, sur les marches non éclairées
qui montent vers les favelas, dans la pénombre des clubs de bossa
nova, sur les sièges délabrés des lotaçaô
(les petits autobus privés qui ont toujours l'air de perdre des
pièces, et que l'on hèle au passage, comme des taxis).
Vous finirez par vous demander comment l'amour peut prendre tant de place
dans la vie d'un peuple, même en supposant que certains ne s'embrassent
que par intérêt, par jeu, par ennui ou par le simple plaisir
d'un contact physique. Au bout de quelques jours, l'expérience
pourrait vous apprendre qu'à Rio, femmes et hommes s'embrassent
souvent faute de mieux : les hôteliers n'ont pas le droit de louer
des chambres aux couples non mariés, et la police, pourtant pas
très efficace par ailleurs, se montre pointilleuse à ce
sujet.
Les jeunes filles qui ne sont pas en couple (il en reste heureusement
quelques-unes) sont des amoureuses en puissance. À chaque pas,
vous croiserez les souriantes disponibilités de leurs regards.
Et vous finirez par vous dire que le dépliant touristique n'a pas
menti : Rio est la ville où vous souhaiteriez passer le reste de
votre existence. Vous pourrez garder cette heureuse disposition pendant
la suite de votre séjour, à condition d'observer quelques
règles très simples :
1. Ne vous éloignez jamais de Copacabana, Ipanema et Leblon, les
trois quartiers résidentiels qui font face aux plages. Dans la
cidade, qui est le centre des affaires, vous ne rencontreriez que des
gens qui essayent de gagner leur vie, ce qui les rend beaucoup moins aimables.
Mais ne vous promenez surtout pas dans les favelas des collines, habitées
par des Noirs misérables et sous-alimentés. Si vraiment
vous voulez vous faire une idée de l'ensemble, prenez le funiculaire
du Corcovado ou celui du Pain de Sucre : par une journée sans brume,
le panorama devant vos yeux sera exactement comme sur le dépliant.
2. Acceptez tous les rendez-vous que l'on vous propose, mais n'y allez
jamais, même s'ils vous ont été donnés par
une jolie femme qui se prétend amoureuse de vous ou par un ministre
(en fait, méfiez-vous surtout dans ces deux cas). Aucun carioca
ne respecte ses rendez-vous. Mais si, à l'heure fixée, vous
passez à côté du Castelinho, le bistrot en vogue d'Ipanema,
vous aurez toutes les chances d'y voir attablée la personne que
vous deviez rencontrer (à moins, bien sûr, qu'elle ne vous
ait justement donné rendez-vous dans ce lieu).
3. Sachez, d'autre part, qu'un rendez-vous manqué ne signifie
pas un manque d'intérêt de la part de la paysanne en question.
Le lendemain, vous rencontrerez peut-être ce même ministre
sur la plage, en maillot de bain, et vous pourrez lui faire signer sur
le champ l'achat du vieux porte-avion que vous voulez lui vendre. (Cela
s'est déjà produit : dans le port militaire de Rio, on peut
voir un porte-avion géant acheté aux surplus de la US Navy.
Il n'a jamais repris la mer, car la marine brésilienne n'a pas
de techniciens pour l'entretenir.) Ce qui importe est de profiter du jeito,
l'enthousiasme très vite enflammé et aussitôt éteint,
qui caractérise les réactions des cariocas. Si vous laissez
au ministre le temps de dire " je n'ai pas sur moi mon carnet de
chèques, passez demain à mon bureau ", votre affaire
est enterrée pour toujours.
4. Évitez surtout, en amour comme en affaires, de vous vouloir
trop persuasif, de trop montrer votre besoin de réussir, de trop
engager votre ambition ou votre prestige. Dites-vous que, tôt ou
tard, ce que vous souhaitez vous sera servi sur un plateau, si seulement
vous avez le temps (et les réserves d'argent) pour l'attendre.
Je me considère particulièrement qualifié pour donner
ces conseils, dans la mesure où, pendant mes deux premières
semaines à Rio, j'ai fait exactement le contraire. Cela m'a conduit
à détester la ville la plus aimable du monde et à
me sentir malheureux parmi des gens qui ne demandaient qu'à me
faire plaisir, si seulement cela ne devait pas leur coûter trop
d'efforts. J'ai regardé autour de moi sur la route entre l'aéroport
et l'hôtel : les banlieues de Rio sont presque aussi lépreuses
que celles de Calcutta, le centre presque aussi délabré
que celui du Caire. Même les immeubles de luxe, face aux plages
de Copacabana et d'Ipanema, sont loin d'être bien entretenus.
J'ai visité les favelas. Je n'y ai pas vu de mulâtresses
aux longues chevelures et aux robes déchirées aux bons endroits,
comme dans le film Orfeu Negro. Mais je n'ai pas non plus été
dévalisé par des bandits, comme me l'avaient prédit
mes amis d'Ipanema. J'ai vu des femmes faisant la queue devant les fontaines
en bas des collines, puis remontant les bidons d'eau sur des centaines
de mètres, des enfants nus aux ventres enflés, des hommes
désuvrés, immobiles sur les seuils de leurs cabanes.
J'ai vu leur dénuement au milieu d'une végétation
de paradis terrestre, avec en toile de fond la plage d'Ipanema et le Pain
de Sucre.
Car la différence, entre ces favelas et les bidonvilles de Calcutta
ou de Caracas, est qu'ici les plus pauvres vivent à quelques centaines
de mètres des privilégiés. Les deux mondes se côtoient,
selon des règles que je ne suis pas arrivé à comprendre,
comme si chacun d'eux n'avait pas de réalité pour l'autre.
Aucun interdit n'empêche les jeunes Noirs des favelas de se baigner
devant le Grand Hôtel Copacabana, ou de jouer au foot sur la plage
avec les fils des riches. On en voit d'ailleurs quelques-uns, de temps
en temps, reconnaissables à leur maigreur et aux haillons qu'ils
portent, mais ils sont très minoritaires parmi la foule des nantis.
Il va sans dire que " noir " et " pauvre " sont pratiquement
synonymes, bien que des nuances intermédiaires existent, dans la
couleur de la peau comme dans la richesse. Les Brésiliens soutiennent
que chez eux il n'y a pas de racisme, et il est vrai qu'aucune barrière
explicite ne sépare les races. J'ai souvent vu des couples mixtes,
qui ne paraissent pas susciter de réprobation particulière.
Mais je n'ai jamais rencontré de Noirs vraiment aisés, ni
entendu parler d'un mariage mixte dans une famille bourgeoise. Il existe
sans doute des barrières inexprimées, beaucoup plus subtiles
qu'aux États-Unis ou en Afrique du Sud, mais peut-être, de
ce fait, d'autant plus tenaces.
En fait les incongruités de Rio n'apparaissent comme telles que
pour qui ne tient compte que des faits établis, alors que, pour
un carioca, certains mythes sont plus vrais que la réalité.
Au sujet des rapports entre les races, par exemple, il est indiscutable
que les descendants des colonisateurs détiennent le pouvoir économique
et politique (ou, dans le langage des marxistes, la délégation
de ce pouvoir par les yanquis). Mais tout au long de l'année, entre
un carnaval et l'autre, les Noirs préparent le moment où
les rôles vont s'inverser et où le mythe prendra le dessus.
Dans toutes les banlieues de Rio, les escolas de samba répètent
leurs chorégraphies et mettent au point leurs costumes, fabuleusement
dispendieux et généralement offerts par des politiciens,
qui s'assurent ainsi les votes du petit peuple et la pérennité
de leur propre pouvoir.
Le carnaval venu, les Noirs des favelas, habillés comme des princes
portugais du XVIIIe siècle, déchaînés dans
leurs rythmes et conscients de la beauté de leurs corps, seront
les maîtres de la ville. Le personnage le plus souvent représenté
sera Chica da Silva (" la fille de la forêt "), une esclave
qui était devenue d'abord la maîtresse et ensuite l'épouse
légitime du gouverneur Fernando de Oliveira. Pour les Noirs, Chica
est à la fois Jeanne d'Arc et Madame Du Barry. Les chansons populaires
la décrivent entourée de dames portugaises à son
service, ou bien s'embarquant sur un galion chargé d'or, pour un
voyage triomphal au pays de ses anciens maîtres. En fait la vénération
pour Chica est partagée par tous les cariocas, blancs comme noirs,
même si mes amis intellectuels d'Ipanema reconnaissent que sa conquête
du pouvoir ne correspondait pas tout à fait aux schémas
de l'orthodoxie marxiste, et que son exemple ne saurait faire progresser
les masses laborieuses.
Je me rappelle nos conversations à ce sujet, au cours des après-midi
que je passais à la terrasse du Castelinho, regardant ma montre
et attendant mes rendez-vous. J'avais décidé de faire un
reportage sur les rites de la macumba, dans lesquels je voyais la quintessence
de l'âme brésilienne. Tous les gens que j'avais rencontrés
au Castelinho s'étaient déclarés spécialistes
en la matière, et tous m'avaient promis leur aide. Puis, comme
d'habitude, ils m'ont laissé attendre... Je savais que la macumba
est la religion effective, bien que non officielle, de la majorité
des Noirs et des métis du Brésil. Les Blancs participent
plus rarement à ses rites, mais recourent néanmoins aux
macumbeiros pour leurs problèmes de santé ou d'amour.
Dans l'État de Bahia, où les traditions africaines sont
mieux préservées, cette religion est plus proche de son
origine et s'appelle candomble. Ailleurs, elle se manifeste comme un mélange
de d'animisme et de spiritisme, comportant des pratiques d'envoûtement
et de sacrifices sanglants, devant des autels consacrés à
des divinités africaines, mais dédiés également
(par une sorte d'alibi par rapport à l'église) à
des personnages chrétiens comme Jésus, la Vierge Marie et
les saints. Certains rites sont pratiqués ouvertement : de la fenêtre
de ma chambre, après la tombée de la nuit, j'ai souvent
vu des femmes noires creuser de petits trous dans le sable de la plage,
pour y allumer des cierges en l'honneur de Iara, Senhora das Aguas, qui
réunit les attributs d'une Aphrodite africaine et de la Vierge
Marie. Cependant les transes collectives et les immolations d'animaux,
tolérées par la loi mais interdites par l'église,
ne se tiennent que dans les quartiers populaires et en secret. Sans l'aide
d'une personne bien introduite, je n'aurais pu y assister, et encore moins
en faire des photos. Mes amis du Castelinho me promettaient chaque matin
de m'y conduire - et me faisaient faux-bond chaque soir.
Une après-midi, quand j'avais déjà presque renoncé
à ce projet, je fus favorisé par un coup de jeito. Je me
trouvais en compagnie d'une jeune femme, dans un taxi conduit par un chauffeur
noir. Mon amie questionnait justement ce chauffeur au sujet de la macumba,
quand celui-ci crut reconnaître Nillo, un macumbeiro célèbre,
dans une voiture roulant devant nous sur l'Avenida Atlantica. Après
une poursuite assez mouvementée, nous réussîmes à
le rattraper et à engager une conversation avec lui.
Les soirs suivants, de macumba en macumba et de jeito en jeito, je fis
le tour de tous les terreiros de Rio, accompagné de mon amie qui
faisait fonction d'interprète.
Les cérémonies se déroulent la nuit, dans des lieux
appelés terreiros, et qui peuvent être une salle fermée,
une cour d'immeuble ou simplement une esplanade de favela. Certains macumbeiros
sont spécialisés dans la magie noire, qui fait appel aux
esprits maléfiques et dont le but est de nuire aux personnes à
qui leur client veut du mal. D'autres pratiquent exclusivement la magie
blanche, l'umbada, qui intercède auprès des puissances bienfaisantes,
pour des interventions favorables.
Dans un cas comme dans l'autre, ces rites ne sont pas destinés
à rapprocher les fidèles d'une entité divine, comme
les religions monothéistes, ni à les aider à atteindre
un niveau spirituel supérieur, comme les pratiques orientales :
leur seul but est d'établir une relation avec des puissances occultes,
pour en obtenir du secours ou des faveurs.
Ces puissances sont mâles ou femelles, et s'ordonnent par groupes
de deux, de trois ou de sept. Chacune correspond à la fois à
une divinité africaine et à un personnage de l'hagiographie
chrétienne, et chacune est représentée par des symboles
alchimiques et astrologiques.
Ainsi Iara (ou Iemanja), est la déesse de la mer, elle correspond
à la Vierge Marie, sa pierre est le saphir, son jour le dimanche,
sa couleur l'azur ; Urubata (ou Ogum), est le dieu de la guerre, il correspond
à saint-georges, sa pierre est le rubis, son jour le mercredi,
sa couleur le vermeil; Oxossi (ou Aimoré), est le dieu de la chasse
et correspond à saint-sébastien ; Omulu (ou Anhanga) est
le dieu de la peste et correspond à saint-lazare.
Le macumbeiro est assisté par une femme, pour équilibrer
les forces mâles et femelles. Les officiants, qui se tiennent à
l'intérieur d'un cercle, sont les équivalents de nos médiums.
Les suppliants doivent rester à l'extérieur. Le macumbeiro
appelle les caboclos (puissances occultes), en présentant à
chacune son symbole, par exemple le feu, l'eau, quelque substance minérale
ou le sang d'un animal sacrifié. Pour induire la transe, les médiums
ingurgitent un alcool puissant et aspirent la fumée d'un énorme
cigare. Puis ils entament un mouvement giratoire, qui devient de plus
en plus rapide. La transe, quand elle intervient, est considérée
comme la manifestation du caboclo, momentanément incarné
dans le médium. Elle se traduit par des grimaces effrayantes et
une agitation incontrôlée des membres, qui peut devenir si
violente que des assistants doivent entourer le possédé
pour atténuer ses coups. Quand le paroxysme approche, le macumbeiro
autorise le suppliant à invoquer la puissance incarnée et
à exprimer son vu.
J'ai été particulièrement frappé par les
médiums. Ce sont généralement des femmes, parfois
assez jeunes et jolies, qui se prêtent deux ou trois fois par semaine
à ces rites, apparemment sans aucune motivation matérielle
ou sociale. Pour qui observe leurs visages, l'épreuve qu'elles
traversent semble comporter de grandes souffrances, en dehors même
des préliminaires peu appétissants, comme l'alcool bon marché,
l'odeur nauséabonde du cigare et le sang des bêtes égorgées,
que le macumbeiro verse dans leurs bouches. Pourtant, elles sortent de
la transe moins épuisées qu'on le croirait, vaguement souriantes
et comme remplies d'une paix intérieure.
Je dois dire que ces cérémonies m'ont laissé perplexe
: d'autant plus que le dernier soir, à la veille de mon envol pour
le Sénégal, mon amie brésilienne m'avoua avoir voulu
empêcher mon départ, en demandant aux caboclos de me garder
auprès d'elle. Je fus dûment touché par son intention,
mais je ne pouvais changer mon programme. Je m'embarquai donc comme prévu,
mais j'avoue avoir éprouvé un certain soulagement, quand
je pus constater que le décollage s'était effectué
sans problèmes. Pourtant, au milieu de l'Atlantique, je fus saisi
par de violents frissons, et à Dakar un médecin français,
appelé d'urgence, déclara que j'avais plus que quarante
de fièvre. Durant la semaine qu'il fallut pour me rétablir,
je me suis dit que, à l'instar du chevalier Tannhäuser, je
venais d'échapper de justesse à la montagne enchantée
de l'amour.
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