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La Véronique 2002-2003 |
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Introduction |
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Mon dernier projet photographique porte le nom de notre maison en Provence, qui est aussi le nom de ma compagne. (En écrivant "le dernier", je me demande si ce mot veut seulement dire "le plus récent", ou aussi "celui qui ne sera pas suivi par d'autres"). Presque toutes les photos ont été faites entre octobre 2002 et septembre 2003, à l'intérieur de la maison ou dans un rayon de 50 mètres autour d'elle. Il me semble important d'ajouter que durant cette période je travaillais également à la re-écriture du texte et à la sélection des images de Time Machine, le compte-rendu de mon voyage autour du monde, en 1962 et 1963, et que j'étais inévitablement conduit à comparer ma mobilité et mes horizons de ce passé à ceux du présent. Les deux projets diffèrent sous bien de rapports, au point qu'un spectateur non averti ne les attribuerait peut-être pas au même photographe: les photos de Time Machine sont en noir et blanc, et destinées à faire partager mes découvertes de voyageur à des lecteurs de magazine, alors que celles de La Véronique sont en couleurs et faites plutôt pour témoigner d'un contexte que je connaissais intimement et d'un temps qui me semblait précieux. (Pour qui s'intéresse à la technologie, je mentionnerai que ces dernières photos ont été prises avec un appareil numérique, ce qui m'a permis de saisir des écarts entre les hautes lumières et les ombres, auxquels j'avais toujours été sensible, mais que les procédés traditionnels rendaient moins bien.) À vrai dire, la limite des cinquante mètres venait moins d'une difficulté à me déplacer, et moins encore de quelque parti pris conceptuel, que du constat que le sentiment, qui me poussait à regarder et déclencher, paraissait diminuer en raison inverse de cette distance. Comme la fois, en février 2003, où le gel avait détruit presque toute la floraison de nos amandiers: j'avais bien repéré un arbre, à quelques kilomètres de La Véronique, qui avait été épargné et dont les fleurs restaient magnifiques, mais j'ai renoncé à le photographier, en me disant que, pour ces fleurs-là, je n'aurais pas ressenti la même tendresse. En somme, alors que mon intention de jadis était de montrer des personnes, des lieux ou des situations qui me semblaient d'une signifiance générale, le propos de La Véronique est de laisser l'empreinte d'un présent et d'un regard particuliers. Ce qui n'empêchera pas le spectateur - du moins je le souhaite - d'y associer ses souvenirs et ses références.
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| 70 images sont présentées ici. | ||
| Frank Horvat Photographie "La Véronique" - 2002-2003 |